«À la Fédé, on gère beaucoup de dossiers, mais cela ne sait pas toujours»

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Grégoire Omont, agriculteur à Montherlant, est le tout jeune président de la section des employeurs de main-d’œuvre à la FDSEA 60. Parcours d’un exploitant passionné et optimiste.

Grégoire Omont, président de la section main-d'oeuvre à la FDSEA de l'Oise.

Quel est votre parcours agricole?
J’ai repris, en 2009, l’exploitation de grandes cultures familiale, située à Montherlant. J’ai suivi une scolarité à l’institut LaSalle, complétée par un master à l’Institut supérieur de commerce de Paris, en finance, trésorerie et ingénierie d’entreprise.
Après un apprentissage en tant que chargé d’affaire agricole au Crédit agricole Brie-Picardie, j’ai travaillé dans une société d’audit en optimisation de charges sociales (Leyton & associés). J’y ai mené de nombreuses missions courtes, dans toute la France et cela a vraiment été formateur.
Quand mon père, (NDLR : Vincent Omont) m’a cédé la moitié de son exploitation de 580 ha, ça a été une reprise facile : trois salariés déjà en place depuis de nombreuses années. Mon père m’a totalement fait confiance.
Mes trois frères travaillant dans d’autres domaines, je pense reprendre l’ensemble de l’exploitation à terme. J’ai un projet de diversification puisque je veux créer une unité de méthanisation. Le dossier est suivi par la Chambre d’agriculture et nous espérons débuter les travaux en mars. Le méthane sera injecté directement dans le réseau GRT gaz et le digesteur utilisera entre autres le lisier de bovins d’un important élevage du secteur. Ce projet n’a pas toujours fait l’unanimité au niveau local car la méthanisation agricole véhicule des peurs injustifiées à mon avis.

Comment vous êtes-vous impliqué à la FDSEA?
J’ai d’abord commencé mon engagement professionnel à la commission mixte d’Étrépagny pour le compte du Syndicat betteravier de l’Oise, devenu depuis CGB 60. Ensuite, je suis entré à la section main-d’œuvre de la FDSEA dont je suis devenu président.
C’est vrai qu’avec mon expérience dans le cabinet d’optimisation de charges sociales, j’ai acquis de bonnes connaissances dans ce domaine. Je travaille bien avec les salariés du service main-d’œuvre de la FDSEA de l’Oise et avec mes collègues responsables professionnels de la Somme. Il est un peu plus difficile de prendre des décisions à l’échelle des Hauts-de-France…

Quelles sont les problématiques des employeurs de main-d'œuvre?
Le gros dossier du moment, c’est la volonté du gouvernement de supprimer le dispositif d’allègement de charges TODE (travailleur occasionnel demandeur d’emploi).
Malheureusement, malgré nos protestations, il semble que le combat soit perdu (un de plus). En effet, ce dispositif coûtant cher à l’État, il était sans doute nécessaire de le réformer, mais pas de le supprimer. Doit-on craindre de voir des travailleurs détachés arrivés en France ? Nous ne baissons pas les bras et allons nous battre pour obtenir un élargissement de la réduction Fillon pour l’adapter aux salaires Smic + 10 % (ces 10 % correspondent aux indemnités de congés payés dans le cadre d’un CDD) et avoir une dégressivité moins importante sur les petits salaires. C’est cette négociation actuelle qui devrait permettre de garder des travailleurs saisonniers sur les exploitations agricoles, indispensables pour continuer à produire en France.
Autre sujet : la prévoyance et la complémentaire santé pour les salariés. Actuellement, elles sont gérées au niveau picard, de façon paritaire et nous sommes plutôt satisfaits. Nous entretenons de bons rapports avec les syndicats de salariés, même si les négociations sont âpres. Ce sont de très bons interlocuteurs.
Dans les faits, ce sont l’Anips et Agrica qui assurent le fonctionnement et nous rendent des comptes. Le rapport sinistres/primes doit se situer aux alentours de 95 %. Le régime est bien géré et le prix est intéressant.
Globalement, au niveau régional, nous obtenons de meilleurs résultats qu’au niveau national et surtout, c’est transparent. De plus, nous restons dans le giron agricole en travaillant avec l’Anips et Agrica plutôt que d’aller vers d’autres groupes d’assurance privés. Bref, syndicalement et financièrement, c’est une réussite.
Le Nord et le Pas-de-Calais ne sont pas sous le même régime pour leurs mutuelles santé et leurs prévoyances. Pour l’instant, pas de rapprochement entre le 59-62 et la Picardie. Nous avons tenté de le faire, mais cela n’a pas abouti.
Au niveau des conventions collectives, nous sommes fortement incités à fusionner toutes les conventions au niveau national, mais je n’y crois pas beaucoup, le dossier n’avance pas.
Finalement, au niveau de la main-d’œuvre, nous avons beaucoup de sujets en charge, qui impactent directement le quotidien des agriculteurs. Mais c’est un véritable travail de l’ombre, peu connu des agriculteurs eux-mêmes.

Quel est le contexte agricole du moment, selon vous?
Je trouve que les difficultés financières entraînent un repli sur soi du monde agricole, ce qui n’est pas bon. C’est vrai que nous subissons une forte pression sociétale sur de nombreux sujets : les anti-viande, le glyphosate… Beaucoup d’agriculteurs sont trop négatifs et ont tendance à se renfermer. Mais je peux aussi comprendre que certains, et notamment les éleveurs, soient dans des situations difficiles. La fédé doit chercher des solutions pour améliorer ces situations.
Cependant, je pense qu’en conseil d’administration FDSEA, nous passons trop de temps sur des sujets comme les dégâts de gibier ou le prix du lait. Ces débats doivent avoir lieu en commission.
Nous avons aussi besoin de renouvellement et il me semble que le syndicalisme JA devrait être intégré à la FDSEA. En effet, les jeunes ont une vision plus optimiste des choses et, dans le contexte actuel, peuvent voir des opportunités à saisir.
Car je ne crois pas que c’était mieux avant, c’était simplement différent.Au niveau syndical, nous avons la chance de ne pas avoir de concurrence crédible et nous devrions en profiter pour avoir un discours plus constructif.
D’autant plus que la FDSEA de l’Oise a un personnel compétent, avec lequel j’ai plaisir à travailler sur les questions de main-d’œuvre. Et puis, nous avons Christiane Lambert qui a trouvé sa place et est une présidente qui passe très bien dans les médias.
Propos recueillis par Dominique Lapeyre-Cavé

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