«On doit s'intéresser au marché Oise et Sud Oise»

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Vincent Vecten, agriculteur à Francières et président de la section diversification, insiste sur le fait qu'il faut miser sur le marché au sud de l'Oise.

Vincent Vecten, président de la section diversification.

Pouvez-vous présenter votre parcours, même au sein de la FDSEA 60?
J'ai une exploitation de 215 hectares dont 30 hectares de sapins, 60 hectares de ferme à façon, et le reste de mon exploitation se répartit entre le blé, la betterave et le colza. De plus, mes blés sont en multiplication semence. Je me suis installé en 1987 et j'ai commencé à planter des sapins. Et avec mes parents, on s'est mis en Gaec. En 1995, Anne-Sophie est revenue à la ferme et depuis, on a développé notre production de sapin et la commercialisation. En 1989, j'étais administrateur chez les Jeunes Agriculteurs de l'Oise. De 1991 à 1993, j'en étais le président. Depuis les années 2000, je suis devenu président de la section diversification. Pour aider dans mon exploitation, nous employons, avec Anne-Sophie, 3 salariés et des saisonniers.

Pourquoi avez-vous choisi d'adhérer au syndicat?
C'est génétique et culturel ! (rire) Mon père était délégué communal. J'ai un oncle du côté de ma mère qui était très engagé à la FNSEA. Avec mes frères, on a fait des meetings avec les JA.

Quels sont vos objectifs en tant que président de section dans la diversification?
Le but est d'essayer de défendre le côté diversification. Ce n'est pas évident car on est dans une région où quasiment tout le monde nous déconseille de faire de la diversification. Or, dans la diversification, on trouve deux pans. Le premier est économique, afin de créer une valeur ajoutée dans l'exploitation. Le deuxième est un côté humain. En effet, cela permet d'avoir un développement personnel car on aborde différentes stratégies, autres que le technique. On retrouve vraiment toutes les dimensions avec la connaissance du marché, le contact avec les clients, la nouvelle technique, la gestion et le management humain. C'est donc un métier plus complet.
Depuis 3 ans, on voit un important développement de projets de diversification dans le territoire. Je pars du principe qu'à chaque fois qu'il y a une crise, on retrouve énormement de projets de diversification, avec aussi une recherche d'une nouvelle énergie. Lorsque j'ai fait une journée sur la diversification en février, il y avait beaucoup de monde, plus que d'habitude. À une époque pas si lointaine, je comptais les participants sur les doigts de la main.
Aujourd'hui, on est dans un système qui est en train de changer la quasi-totalité des moyens de production du système céréalier, qui ne sont utilisés que 6 mois. Vu que les autres 6 mois, le matériel et les bâtiments dorment, il y a donc une capacité à dynamiser la ferme.
Précédemment, j'ai parlé d'énergie qui sont aussi facteurs de diversification, avec la méthanisation, les panneaux photovoltaïques.

Comment voyez-vous l'agriculture de demain?
Si on veut intéresser des jeunes, il faut que notre métier soit plus complet. Il faut aussi trouver un nouveau modèle économique parce que l'on arrive au bout du modèle actuel. On est complètement sujet aux cours internationaux et à des charges et des contraintes qui ne sont pas celles de nos concurrents. À partir de là, le système que l'on a pu connaître depuis 40 ans avec la simplification n'est plus à l'ordre du jour.
On a une chance aujourd'hui que le consommateur réapprenne à racheter en circuit court, ce qui n'était pas trop le cas dans l'Oise. On a donc un marché qui se développe auquel on a du mal à répondre car c'est un nouveau métier d'agriculteur, on est loin du céréalier et de l'agriculteur polyculteur classique.
Mais ce genre de métier, plus complet, peut intéresser les jeunes. De plus, on a beaucoup de chance d'habiter dans le département de l'Oise car on a une situation exceptionnelle. On compte près de 950.000 habitants dans l'Oise, on est à Paris en à peine 1 heure avec des moyens de communication phénomémaux, et on ajoute un nouveau public. Au niveau agricole, peu de départements ont cette capacité. Cependant, de notre côté on n'a pas encore valorisé cette carte. Aujourd'hui, ce qui tue les productions, ce sont les intermédiaires. On doit s'intéresser aux marchés Oise et Sud Oise et on arrivera à faire des marges.

Propos recueillis par Dorian Alinaghi

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