«Ce qui tue les abeilles, c’est le varroa»

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Benoît Minart est apiculteur à Gouy-les-Groseillers et représente cette profession, dont il vit uniquement, au sein de la FDSEA. Découverte de la ruche.

Benoît Minart, apiculteur à Gouy-les-Groseillers

Quel parcours vous a amené à devenir apiculteur à Gouy-les-Groseillers?
Mon grand-père était apiculteur professionnel et, dès l’enfance, j’ai su que je voulais travailler avec les abeilles. J’ai quand même suivi des études agricoles: un bac STAE au Paraclet, suivi d’un BTS Acse que j’ai abandonné trois mois avant la fin.
J’ai alors effectué mon stage six mois chez un apiculteur professionnel en Seine-et-Marne. J’ai ensuite travaillé pendant une campagne à l’EARL Vincant d’Ansauvillers pour la moisson, l’ensilage et l’arrachage des betteraves.
Je me suis installé le 1er janvier 2008 avec 200 ruches. J’ai d’ailleurs obtenu la DJA (dotation jeune agriculteur). Depuis, j’augmente le nombre de ruches tous les ans et j’ai continué à travailler à l’ETA Vincant pendant plusieurs années, jusqu’à l’année dernière. Maintenant, je vis à 100 % de mon métier d’apiculteur, avec 600 ruches.
J’ai acheté un vieux corps de ferme à Gouy-les-Groseillers, dans lequel je fais des travaux pour installer mon matériel, et notamment la miellerie.

Qu’est-ce que le quotidien d’un apiculteur professionnel dans l’Oise?
D’abord, mon objectif est de répartir le travail tout au long de l’année et d’en avoir le moins possible pour garder une rentabilité économique. C’est un système assez extensif avec des variétés d’abeilles assez rustiques, résistantes aux maladies, peu gourmandes, mais moins productives. Je répartis mes ruches en quatre lots.
Le premier est d’abord installé près du colza en Picardie, puis je déplace les ruches dans l’Yonne pour avoir du miel d’acacia et enfin, je le ramène en région parisienne, vers Chantilly, où les abeilles se régalent avec les fleurs de tilleul.
Le second lot commence par le colza en plaine puis le tilleul à proximité de Paris.
Le troisième est toute l’année près de l’aéroport Charles-de-Gaulle, vers Roissy-en-France. Ces ruches donnent un miel toutes fleurs car les cultures sont assez variées dans ce secteur et il y a des forêts.
Enfin, le quatrième lot est en Auvergne. Je récolte alors du miel de montagne, toutes fleurs. Les ruches sont disposées dans des prairies naturelles.
C’est le déplacement des ruches qui est le plus délicat. Il doit se faire de nuit, dès que les abeilles sont rentrées à la ruche. Je transporte les ruches sur un plateau et il faut que je les aie installées avant le lever du jour. Les ruches sont sur palettes et déchargées avec un chariot élévateur.
Je peux transporter entre 50 et 200 ruches par voyage, je parcours 70.000 km par an quand même.
Grâce à cette organisation qui consiste à répartir les ruches à différents endroits auprès de différentes espèces végétales, j’obtiens un revenu assez lisse.
Cela permet d’amortir les aléas climatiques, de répartir le travail sur l’année et, finalement, j’ai peu d’écart entre les bonnes et les mauvaises années.

Comment commercialisez-vous votre miel?
Je le vends en fûts de 300 kg à France miel, une coopérative, située dans le Jura. Elle vient chercher les fûts, met en pots et vend en grandes surfaces. Le miel est analysé à l’arrivée pour une recherche du taux d’humidité, des résidus phytosanitaires, des antibiotiques et de l’origine du miel (acacia, colza, toutes fleurs…). 100 adhérents livrent à la coopérative qui commercialise 1.500 t de miel français par an. Le prix payé est fonction de la source du miel.
Le moins payé est celui de colza, autour de 4,5 €/kg, alors que celui de tilleul ou d’acacia est payé le double. Je suis satisfait de cette coopérative, même si des négociants travaillent aussi sur le marché. Ceux-ci achètent beaucoup de miel d'Asie afin d’avoir à la revente des miels bon marché. Je préfère travailler sur des miels de qualité avec ma coopérative, en acacia ou tilleul ou, nouveauté pour 2018, du miel de châtaignier.
Je vends aussi des essaims à des apiculteurs amateurs et c’est plus intéressant que de faire du miel de colza, plus concurrencé au niveau du prix par les miels d’importation.

Comment vous êtes-vous engagé syndicalement?
Au départ, j’ai été sollicité par Patrice Payen puis par Patrice Maillard. Pour mettre les choses au clair, la mortalité des abeilles, dont on nous parle si souvent dans les médias, a une cause principale, le varroa.
C’est un petit acarien qui parasite les ruches. Il faut traiter et, si on ne le fait pas, on voit les ruches mourir à 90%. C’est un problème sanitaire. J’en veux pour preuve que je n’ai pas plus de mortalité dans mes ruches de Picardie, en pleine zone de grandes cultures, que dans celles d’Auvergne, dans des prairies naturelles.
C’est quand même vrai que le taux de renouvellement, autour de 20 à 30% par an, est supérieur à celui que mon grand-père avait, 5%. Il s’agit sans doute de causes multifactorielles dont des carences en pollen à certains moments de l'année
En cas de mauvais temps, il faut nourrir les abeilles pour les maintenir en vie et, pour cela, les haies et tous les aménagements qui contribuent à la biodiversité favorisent aussi les abeilles.
La signature de la charte apicole est une vraie bonne idée pour instaurer le dialogue et créer des échanges. Je pense qu’un dialogue doit s’installer entre agriculteurs et apiculteurs car nous avons besoin les uns des autres.

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