Un coup de semonce

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Par Laurent Degenne, président de la FRSEA Hauts-de-France.

Notre réseau FNSEA / JA a pris le risque d’entamer un bras de fer avec ce gouvernement qui a oublié l’agriculture dans sa stratégie politique. Pari risqué dans le contexte que l’on connaît. Notre mobilisation est une réussite : 13, puis 18 raffineries ont été bloquées pendant trois jours, la preuve de la force de notre réseau et de notre capacité à mobiliser en masse et dans la durée. Nous avons réussi à ramener le ministre à la table des négociations et ramener l’agriculture au centre des débats avec le sujet crucial des distorsions de concurrence. Nous avons dans le même temps alerté l’opinion publique, qui a pris conscience qu’elle avait été flouée par des décisions politiques contradictoires avec ses attentes.


Notre mobilisation a conduit l’État à rediscuter avec la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs sur les quatre sujets majeurs de revendications : les importations distorsives, cristallisées par l’importation d’huile de palme en vue de produire des biocarburants, et plus largement les importations agricoles produites avec des substances interdites chez nous ; la révision des normes en agriculture, la compétitivité des filières et les distorsions sociales.


Ce mercredi 13 juin fin d'après-midi, nous suspendons la manifestation et les barrages se lèvent partout en France. Nous voulions alerter le gouvernement sans gêner le citoyen. C’est chose faite et nous suspendons le mouvement alors que la pénurie de carburant commence à se faire sentir. Même si les annonces ne sont pas satisfaisantes, le gouvernement a pris des engagements : sur l’huile de palme, le ministre s’engage à ce que la France défende un abaissement des contingents importés ; l’impact sera indirect sur l’usine de la Mède. Sur les importations, le ministre a indiqué que les négociations en cours avec le Mercosur sont en passe d’entériner la position de la France, à savoir pas de viande «aux antibiotiques de croissance». Sur les normes, un engagement à étudier les impacts technico-économiques de toute nouvelle norme. Sur la compétitivité, une priorité mise sur les investissements en agriculture lors de la mise en œuvre des plans de filière. Tout cela semble encore flou et mérite du concret. Tout cela est consigné par écrit par le ministre et va se décliner par des travaux dès juillet avec la FNSEA et les JA.


C’est un coup de semonce que nous avons donné au gouvernement. Le retour à un dialogue entre nos instances et l’État était loin d’être acquis. C’est un crantage que nous avons mis. Notre mobilisation doit désormais associer toute la ruralité pour faire prendre conscience à notre Président de la République, qu’il n’y a pas la France des villes d’un côté et la France rurale, laissée pour compte de l’autre.


Un grand merci pour votre mobilisation, votre engagement pour cette action dont nous devons être fiers. Merci d’avoir passé du temps à défense de notre métier. Nous avons su porter fermement nos revendications dans la dignité, pour la reconquête de valeur pour nos exploitations.

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