Une agriculture compétitive ou protectionniste?

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Le 24 septembre a eu lieu un conseil d’aministration de la FDSEA60. Entre cotisation et avenir de l’agriculture, les débats ont été vifs.

Une quarantaine d'élus présents ce 24 septembre à Beauvais.

En préambule, Guillaume Chartier, président de la FDSEA60, rappelle un principe de base du fonctionnement du Conseil Administration, «toute critique se doit d’être constructive et apporter une proposition en face.» Le point important de ce conseil d’administration concernait la cotisation syndicale. «L’année passée, on s’était positionné sur trois axes : maintien et développement des hectares cotisés, augmentation des cotisations et maîtrise des dépenses au sein de la FDSEA60. Il y a deux axes qui ont été respectés, celui concernant les hectares cotisés n’est pas satisfaisant» exprime Guillaume Chartier. Damien Heurtaut, trésorier de la FDSEA60, n’approuve pas la différence de cotisation entre certaines sections. «Aujourd’hui, je trouve malsain, au niveau du syndicat, que l’on trouve des sections qui marchent bien et qui participent au fonctionnement des sections non cotisant.» Dès lors, plusieurs augmentations concernant les cotisations seront appliquées notamment la cotisation des hectares passant à 4,55 €. Les autres cotisations seront détaillées sur l’Adhérents Infos du 26 octobre 2018.

Perte de compétitivité au niveau national
Au début des années 1990, la France était le 2e exportateur mondial de produits agricoles et alimentaires. Aujourd’hui, le secteur alimentaire occupe le 6e rang mondial, dépassé successivement par les Pays-Bas en 1996, l’Allemagne en 2006, le Brésil en 2011 et la Chine en 2013. Au total, la part de la France dans les exportations agricoles et agroalimentaires mondiales s’est réduite de 8,3% en 2000 à 5% en 2014. Au niveau de l’Union européenne, la balance commerciale agroalimentaire française ne cesse de se dégrader en tendance depuis 2007. La chute tend même à s’accélérer ces dernières années. Hors vins et boissons, le solde est négatif depuis 2015. Pourtant, après l’aéronautique et la chimie-cosmétique (22,2 et 11,1 milliards d’euros en 2015), l’agriculture et l’agroalimentaire représentent un excédent commercial de 9,2 milliards d’euros en 2015.
Concernant la volaille, en tonnage, la production de la France recule de 12% pendant que la Pologne augmente sa production de 173 % et l’Allemagne de 63% sur 15 ans. «C’est normal, en France, on nous interdit de faire de gros élevages» chuchote un des élus présents dans la salle. Les importations françaises de volailles ont doublé sur les 10 dernières années et le solde des échanges passe de 4.224 millions d’euros à 166 millions d’euros. La balance commerciale est négative avec l’Union européenne depuis 2006, ce qui traduit un volume considérable d’importations d’origine européenne. Aujourd’hui, plus de 30% de la volaille consommée en France est importée.
Le secteur des fruits et légumes est symptomatique de la perte de compétitivité de la France. Le déficit de ces productions est majeur et ne cesse de s’alourdir avec une très forte progression des importations des fruits et légumes. En conséquence, le déficit commercial se creuse en légumes, 182% et en fruit 120%. Cumulé, il atteint près de 3,5 milliards d’euros pour 2017.
Les céréales, quant à elles, occupent 52% des terres françaises et plus de la moitié sont exporté. En 2016-2018, 4,4 milliards d’euros de céréales ont été exportés (l’équivalent de 52 airbus A320). En cumulé, sur la campagne 2017-2018, les exportations de blé de la France reculent par rapport à 2015-2016.

Une agriculture en dents de scie
Luc Smessaert, vice-président de la FDSEA60, a conclu par les initiatives de la FNSEA. «Le remboursement de la TIC (taxe intérieure de consommation) a été renouvellé pour deux ans. Dans trois ans, les agriculteurs paieront le net sans avoir besoin de demander le remboursement TIC. Le deuxième point est l’épargne de précaution, c’est ce qui va remplacer la DPA et la DPI au fur et à mesure. Cela consiste à réformer le dispositif de dotation pour aléas et ainsi assouplir les possibilités de constituer une épargne de précaution. Les agriculteurs pourront constituer et reprendre des réserves financières, sans conditions, pendant une durée portée à 10 ans, contre 7 ans actuellement. Le plafond de 150.000 € sera inchangé. Les possibilités d’épargne seront limitées annuellement, en fonction d’un pourcentage progressif sur le chiffre d’affaires de l’exploitation. Pour les éleveurs et viticulteurs, il sera possible d’immobiliser ces réserves sous forme de stocks, notamment en fourrages.»
Le gouvernement a révélé ce lundi son projet de budget pour 2019 et l’agriculture doit malheureusement se serrer la ceinture. L’année prochaine, les moyens des missions du ministère de l’Agriculture devraient baisser de près de 10 % à périmètre constant, passant de 3,18 milliards d’euros à 2,88 milliards. En intégrant les changements de périmètre, le retrait est encore plus marqué à 2,61 milliards. Une provision pour aléas de 200 millions d’euros est toutefois maintenue. Le minsitère de l’Agriculture contribue aussi à l’effort de réduction des effectifs avec la suppression de 140 postes et de 137 emplois d’opérateurs.
Autre point qui va inquiéter les agriculteurs, la suppression de l’allégement des charges pour les travailleurs saisonniers.
Sur la base des éléments présentés tant par la FNSEA que par AS60 le président demande que les sections travaillent  durant la période hivernale dans le prolongement ces réflexions.

Dorian Alinaghi

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