Laurent Coussement, le vrai sens du collectif

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Laurent Coussement est président du SEA de Formerie. Il nous reçoit sur son exploitation, à Bouvresse.

Laurent Coussement, président du SEA de Formerie.

Vous êtes président du SEA de Formerie. Quand et comment ont démarré vos responsabilités syndicales à la FDSEA?
D’abord, j’ai commencé ma carrière professionnelle comme comptable au Cer 60, loin de toute idée d’installation agricole. Je me suis installé ensuite sur la ferme de mes beaux-parents. Mon beau-père était adhérent à la FDSEA 60, mais sans responsabilité. Cela me paraissait logique de poursuivre dans cette voie et j’ai commencé, il y a 20 ans de cela, par devenir délégué communal de Bouvresse, qui recense aujourd’hui 5 agriculteurs.
Puis, lorsqu’il s’est agi d’élire le président du SEA de Formerie en ce début 2017, Joël Choquet et moi avons présenté notre candidature commune en tant que co-présidents.
Je trouvais que c’était plus facile de se lancer à deux et c’est important de ne pas laisser de chaise vide. Surtout en ce moment où l’agriculture est régulièrement attaquée dans les débats médiatiques. On ne peut pas rester à rien faire, il faut s’organiser pour être réactifs. C’est vraiment le rôle du syndicalisme agricole.

En quoi consiste votre rôle de président de SEA et vers quelles directions souhaitez-vous travailler?
Le principal rôle est de représenter le SEA au niveau du départemental pour y porter les problématiques locales. J’ai la volonté de remobiliser l’équipe du canton, en y intégrant les jeunes qui se sont installés sur le canton ces dernières années.
En effet, on a une pyramide des âges très particulière sur le secteur : beaucoup d’agriculteurs entre 50 et 60 ans et de nombreux jeunes mais, pas grand-monde dans l’entre-deux.
D’où mon souhait d’intégrer rapidement des jeunes. Il va falloir recréer des liens pour assurer une défense syndicale locale efficace. En effet, quand je vois la déréglementation (abandon des quotas) qui touche les productions l’une après l’autre, je pense qu’il y a du souci à se faire et que nous devons nous prendre en main.
Par exemple, la crise actuelle du glyphosate montre que nous avons un sérieux problème de communication avec les médias et le grand public. Sur ce sujet, on n’entend que des messages contradictoires, des chiffres aberrants mis en avant, parfois par des journalistes ou même par des agriculteurs interviewés.
Je pense que nous devons avoir des relations avec la presse locale qui est lue par nos voisins. Nous pouvons solliciter les journalistes locaux sur des sujets simples.
Par exemple, avant la moisson, expliquer pourquoi nous allons devoir circuler avec nos moissonneuses-batteuses et nos tracteurs sur les routes et parfois causer quelques désagréments aux usagers, lesquels doivent aussi faire attention de ne pas bloquer les rues en se garant des deux côtés, comme c’est parfois le cas à Formerie. Voilà le type d’actions efficaces que nous pouvons mener.

Quelles sont les problématiques locales du SEA de Formerie?
Ce secteur subit de plein fouet l’abandon de la production laitière. Ce sont les difficultés économiques, l’impossibilité d’assumer la mise aux normes des bâtiments, le découragement et le sentiment d’être seul qui poussent certains à arrêter le lait. Le canton s’appauvrit d’autant et je ne suis pas sûr qu’avec les prix actuels du blé, ce soit toujours la bonne solution à terme.
Et puis les solutions collectives ne sont pas toujours envisagées, chacun reste chez soi alors que le travail en commun ou l’achat de matériel en Cuma sont une source non négligeable d’économie, vu les coûts de mécanisation qui explosent. Acheter seul un matériel dont on se sert peu, c’est payer cher son autonomie et surtout une mauvaise décision de gestion. Et puis, mieux s’organiser ensemble permet d’améliorer les conditions de travail car on peut alors acheter du matériel plus performant et on se sent moins seul dans ce partage. On prend du recul sur sa façon de travailler et cela permet de s’améliorer techniquement et économiquement.
C’est pourquoi je crois beaucoup au travail en Cuma, à la participation à des groupes de développement comme au Cernodo et la Fédé est aussi un moyen d’aller vers cette réflexion commune qu’il convient de développer sur le canton pour permettre à chacun de mieux vivre sur sa ferme.

Propos recueillis par Dominique Lapeyre-Cavé

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