«Nous devons vivre de notre métier et il faut que l’on nous donne les moyens»

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Didier Véret, agriculteur et président du SEA de Creil Sud Oise, trouve que les États généraux de l'alimentation sont une nécessité pour la situation des agriculteurs, mais aussi pour une revalorisation de l'image du métier.

Didier Véret, président du SEA de Creil.

Pouvez-vous présenter votre parcours?
J’ai une formation agricole avec un BTA et un BTS Acse. À partir de 1992, j’étais aide familial sur la ferme de mes parents et ce pendant cinq ans. Et je me suis installé par la suite avec ma mère en Gaec. En 2002, j’ai repris la totalité des parts, aujourd’hui en EARL avec mon épouse double active.
J’exploite 156 hectares, très morcelés et éloignés. La parcelle la plus éloignée est à 40 kilomètres. Les cultures principales sont les céréales, betteraves sucrières, protéagineux et oléagineux et un atelier d’engraissement de taurillons avec vente en directe aux consommateurs.

Pourquoi avez-vous voulu être président de SEA?
Mes parents étaient déjà adhérents. De toute façon, tout seul, on ne peut pas arriver à se défendre, ni à faire passer ses idées. Il faut avoir quelqu’un, un organisme et une entité qui nous représentent. La défense de la profession et le mutualisme sont des valeurs qui me tiennent à cœur, la fédé joue correctement ce rôle. La place de président était vacante, je l’ai acceptée. C’est mon deuxième mandat en tant que président de SEA du canton de Creil.

Quelles sont les difficultés que vous percevez dans votre secteur ?
On est dans un secteur très urbanisé : bassin creillois et ces alentours. On a des problèmes de circulation. Les maires des villages prennent des arrêtés en permanence pour interdire le passage, des camions de betteraves en particulier.
Aujourd’hui, trois communes sont très impactées par cela, mais je vois que ça s’étend également aux communes voisines. Il est nécessaire que chaque commune prenne en charge une partie du trafic de la production de leur village.

Quels sont vos objectifs ou vos projets en tant que président?
Déjà, il faut que tout le monde laisse vivre l’agriculture sur le territoire, sans qu’elle soit discriminée pour une chose ou pour une autre. On accuse les agriculteurs de tous les maux en France. Il faut que l’on communique plus pour contrer les lobbys médiatiques à charge. L’agriculture est un métier nécessaire, voir le plus beau des métiers, car on produit pour nourrir la population.
Aujourd’hui, l’aspect production passe après celui d’entretien du paysage et de l’environnement. On fait tout de même de plus en plus attention à ce que l’on met en plaine. La première économie est dans notre poche, on ne met pas par plaisir les produits phytosanitaires. On a fortement diminué l’utilisation de ces produits, on fait presque 50 % d’économie par rapport à une trentaine d’années. Il est nécessaire que l’on évolue au niveau des grandes cultures. Il va falloir travailler autrement sans perdre en performance et j’espère que les politiques encourageront le biocontrôle parce que les solutions sont dans la nature. Il y a sûrement des substances végétales qui nous permettront de cultiver de manière à rester performants.
Il y a de la place pour toutes les agricultures. Il y a de la demande, il faut les satisfaire ; par exemple des personnes veulent consommer du bio, faisons du bio. Mais, de l’autre côté, il existe des personnes qui n’ont pas de moyens d'en acheter. Il faut leur fournir une nourriture plus économique, donc l’agriculture conventionnelle a encore toute sa place.

Quel est le message que vous voulez faire passer?
On fait un travail pour les consommateurs, pour les nourrir ! Qu’on nous laisse travailler ! Ne remettons pas en cause les nouvelles techniques de cultures (TCS, agriculture de conservation) par interdiction de produits phytosanitaires sans avis scientifiques  unanimes et sans solutions alternatives et durables.

Que pouvez-vous dire à propos de l'avancée des EGA?
Les États généraux de l’alimentation sont nécessaires et j’espère que ça ira au bout. On sait que les accords sont signés majoritairement par les grandes distributions et lorsque l’on voit les promotions qui sont faites avec de la viande de bœuf, à 3 ou 5 euros le kilo en supermarché, je ne sais pas où on va aller… c’est bien beau de signer, mais il faut appliquer les accords. C’est mon inquiétude car nous devons vivre de notre métier et il faut que l’on en nous donne les moyens.
Propos recueillis par Dorian Alinaghi

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