«Je suis optimiste sur le dialogue local entre agriculteurs et défenseurs de l’environnement»

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Thierry Bourbier est agriculteur à Gournay-sur-Aronde. Vice-président du SEA di Pays des sources, il est aussi président de l’arrondissement de Compiègne à la FDSEA de l’Oise et secrétaire général adjoint de la FRSEA Hauts-de-France. Il est par ailleurs co-président de la section environnement. Un engagement tout
azimut.

Thierry Bourbier devant spon distributeur de produits locaux

Quel parcours vous a amené à être agriculteur à Gournay-sur-Aronde?
Je me suis installé en 1979 en reprenant une exploitation avec mon frère. Ensuite, je lui ai laissé la totalité de cette ferme pour reprendre l’exploitation de nos parents, à Gournay-sur-Aronde où je suis encore aujourd’hui.
J’ai toujours être agriculteur et j’ai donc suivi un BTA au Paraclet puis un BTS Tage (techniques agricoles et gestion d’exploitation) à Chartres. Je me suis d’ailleurs installé pendant ma dernière année d’études, ce qui fait que j’ai raté le dernier trimestre.
En parallèle de mon exploitation, j’ai créé une entreprise de travaux agricoles et je cherche à me diversifier. Ce qui me motive, c’est que j’ai trois filles dont une semble intéressée par l’agriculture, bien qu’elle soit architecte d’intérieur. C’est avec elle et avec mon épouse Fabienne, très impliquée également, que j’ai monté un distributeur de produits locaux.
Tout au long de ma carrière, je me suis intéressé aux marchés de niche. Je produis de la semence fourragère, notamment de la luzerne. Et puis je cultive du sarrasin en dérobé derrière pois de conserve. Et également de la lentille verte. Toutes ces graines sont proposées à la vente dans le distributeur que nous avons installé il y a un mois.
Je cultive également du blé panifiable, du Camp Rémy, que je livre aux moulins Waast (59). J’en récupère une partie en sachets qui se retrouvent dans mon distributeur, ainsi que des mélanges de farines issus des moulins Waast, notamment pour les machines à pain. J’y ajoute des sacs de pommes de terre, de la Binje, et des œufs de plein air d’un voisin. Ma fille Garance, qui a passé son BTA par correspondance en même temps que son diplôme d'architecte d'intérieur,  et moi nous passionnons pour ce nouveau projet.

Comment vous êtes-vous engagé professionnellement?
Je suis venu assez tard au syndicalisme en fait. Par contre, passionné de chevaux, pendant 15 ans, je me suis fortement impliqué dans l’organisation du concours complet international de Compiègne. J’aimais beaucoup cette ambiance de travail conviviale qui me permettait de rencontrer des personnes d’horizons très différents du mien autour d’un projet commun et d’envergure. Malheureusement, Compiègne n’accueille plus cet évènement et c’est alors que j’ai souhaité mettre mon énergie au service du syndicalisme.
J’ai suivi une formation proposée par la FNSEA à l’attention des secrétaires généraux et des présidents. J’ai alors intégré la FDSEA ainsi que la Chambre d’agriculture puisque je participe à de nombreuses commissions. J’ai ainsi suivi les chantiers des canalisations de gaz, artère du Santerre et Arc de Dierrey.
Je me suis alors aperçu que la profession agricole, quand elle est bien organisée, est respectée par ses interlocuteurs comme Réseau Gaz de France.

Quelles sont les problématiques sur l’arrondissement de Compiègne?
Le taux de syndicalisation y est bon et il ne s’érode pas avec les années. Je pense que c’est parce que le syndicalisme y a concrètement et localement apporté les preuves de son efficacité.
Dans les grands ouvrages qui nous ont concernés, les agriculteurs ont vu que notre position a été respectée par les intervenants. Toutes les approches agronomiques des chantiers, développées alors par Marc d’Arrentières, ont été respectées par les entreprises qui intervenaient sur le gaz et, autre sujet, notre position ferme sur le SRCE (schéma régionale de cohérence écologique) a payé. Les agriculteurs voient ainsi que la fédé, ce n’est pas que des discours, mais aussi des résultats tangibles sur le terrain.

Pour ce qui concerne la section environnement dont vous assurez la co-présidence avec Hubert Fréville et Éric Vandromme, comment abordez-vous les thématiques?
Je suis très peiné par l’agribashing ambiant que l’on retrouve sur tous les sujets, même les plus inattendus comme les inondations il y a quelques semaines, dont l’agriculture portait la responsabilité ! Incroyable ! C’est un combat difficile que nous avons à mener, mais je suis raisonnablement optimiste quand je vois le travail que nous allons pouvoir réaliser avec Symbiose, l’association qui vient d’être créée. Elle prouve que, sur des sujets précis, le dialogue local est possible avec les défenseurs de l’environnement.
Nous menons ainsi des échanges très riches avec le Conservatoire botanique de Bailleul qui est l’expert environnemental des Hauts-de-France et un véritable interlocuteur scientifique, bien loin de l’agribashing.
Au-delà de l’agriculture qui est attaquée parfois, c’est la ruralité qui est remise en cause. Car, sans agriculture, difficile d’avoir une ruralité dynamique, car la production agricole est une activité vitale pour l’économie de notre territoire. Les agriculteurs sont d’ailleurs souvent impliqués dans la vie de leur commune ; conseils municipaux, déneigement…
À ce titre, la charte de bon voisinage signée récemment me semble être un outil de dialogue particulièrement adapté.
De même, nos relations avec les apiculteurs se sont améliorées depuis notre rencontre lors de la fête de la nature de Compiègne il y a quatre ans. Grâce à Bruno Haas, nous avons rencontré les représentants de l’Oise apicole et nous avons ainsi signé la charte apicole. Les agriculteurs proposent ainsi des emplacements privilégiés aux apiculteurs.
C’est une vraie relation gagnant-gagnant qui démontre que l’agriculture est également source de biodiversité. Il est bien de le rappeler et nous devons même développer une communication en ce sens.
Propos recueillis par Dominique Lapeyre-Cavé

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