L'Oise au congrès 2020 de la FNB

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Cette année, le congrès de la fédération nationale bovine (FNB) s’est tenu à Anse dans le Rhône les 5 et 6 février dernier. A cette occasion, les participants dont notamment des éleveurs, des élus, des membres de l’interprofession, ont pu échanger ensemble au sein de groupes de travail sur plusieurs thématiques à savoir : une réflexion sur les stratégies d’organisation économique en amont des filières ; la recherche des enjeux et positionnement pour l’élevage bovin-viande dans le cadre de la future PAC ; une stratégie à mettre en œuvre pour chercher de la valeur à l’export.

Didier Guillaume au congrès de la FNB.

En introduction de cette première journée et avant d’entamer les groupes de travail, la FNB a fait ressortir des attentes fortes de la part des éleveurs allaitants avec comme objectifs principaux : « Une meilleure rémunération du prix et la recherche de valeurs sur nos exploitations ». La FNB est revenue également sur plusieurs avancées syndicales sur 2019 avec notamment la montée en force du Label rouge dans le cadre du plan filière. A ce sujet, la FNB a insisté sur la nécessité d’un large déploiement de ce label sur l’ensemble des départements afin de valoriser nos produits français et rapporter de la valeur sur nos fermes « Le Label, une vraie chance » !

D’autres sujets syndicaux ont également été évoqués dont la signature de la charte Origine France lancée par METRO le 28 janvier dernier et qui doit permettre une meilleure valorisation de la production agricole française dans la restauration commerciale. Rappelons que cette charte s’inscrit comme un outil de déploiement des EGALIM et de chacun des plans-filières mis en place pour chaque production. Enfin, la FNB est revenue sur le plan carbone en production bovin viande avec Life Beef Carbon qui vise à réduire de 15% en 10 ans l’empreinte carbone sur nos exploitations avant d’aborder un dernier sujet : le déploiement de l’outil « Boviwell » pour l’évaluation du bien-être animal en élevage.

Les échanges sur les sujets syndicaux ont ensuite laissé place aux 3 groupes de travail.

En matière de réflexions sur les stratégies en amont de la filière, il est certain que le syndicalisme et les producteurs ont un rôle majeur à jouer dans la construction du prix, dans la valorisation des produits. Il faut « jouer sur l’identité local ».

Concernant la recherche des enjeux Pac Post 2020 pour l’élevage bovin viande, les échanges ont été vifs. En effet, quand Dominique Fayel, représentant de la FNB, se voulait optimiste dans l’avenir, il a eu comme réponse que le positivisme ne nourrissait pas un agriculteur : « J’ai entendu un risque de fatalisme […] le besoin de visibilité et de reconnaissance. Je veux vous dire de ne pas être conservateurs et de reprendre confiance en nos atouts. Je sais que ça ne nourrit pas, mais ce n’est pas en baissant les bras que nous y arriverons ». La FNB défend le maintien du budget ainsi que le couplage pour les vaches allaitantes.

Pour le dernier groupe de travail, c’est la valeur à l’export qui a été évoquée. A ce jour, l’export est un enjeu majeur pour la filière bovine. Concernant le maigre français, la France conforte sa place de leader européen. L’Italie est aujourd’hui dépendante de nos exportations. Globalement, les exportations françaises de broutards vers l’Italie se stabilisent d’après l’IDELE.  Enfin, l’export de carcasses a tendance à perdre de la vitesse suite à un marché du maigre plutôt dynamique. La FNB a également précisé que de nouvelles perspectives pourraient voir le jour sur le marché chinois pour la viande française de qualité.

En fin de journée, les échanges se sont poursuivis sur différentes interrogations, centrées sur des problématiques territoriales qui ont pu être remontées par les régions à savoir : Comment enrayer la décapitalisation bovine en France ? Comment favoriser le renouvellement des générations ? ou encore des questions d’enjeux sur le bien-être animal et les enjeux sanitaires.

En soirée, plusieurs personnalités ont été invitées et ont pu échanger quelques mots avec les participants. Il y avait notamment Christophe Guilloteau, président du conseil général du Rhône ; Colette Darphin, vice-présidente du Rhône et Laurent Wauquiez, président du conseil régional d’Auvergne Rhône Alpes. « Il faut des agriculteurs qui s’impliquent davantage dans la politique sur nos territoires […] sinon notre agriculture française n’aura bientôt plus d’influence » a insisté Laurent Wauquiez. « Nous sommes des acteurs économiques mais aussi des acteurs du paysage […] Si nous n’avons plus d’élevage, nos paysages ne seront plus que des bois et des forêts » ajoute-t-il pour montrer que nous participons également à l’entretien de nos paysages ruraux.

Le dernier jour du Congrès a été marqué par une table ronde sur le sujet « Vers une organisation collective efficiente des producteurs » durant laquelle plusieurs intervenants : Philippe Auger, président d’Elvea ; Bruno Colin, président du pôle animal de la coopération agricole (ex-Coop de France) ; Jean-Christophe Roubin, directeur du pôle agriculture pour le Crédit Agricole ; Clément Traineau, éleveur bovin dans le Maine et Loire et Brunot DUFAYET, président de la FNB. Ils ont pu échanger et partager longuement pour trouver des solutions afin d’enrayer la décapitalisation bovine et ramener du prix et de la valeur sur nos exploitations. « Il faut changer de logiciel ! » La décapitalisation est bien là, on ne parle plus de volume mais bien de valeur. De plus, la concurrence entre OP au travers des régions pour toujours plus de marché n’aide pas la filière bovine à se développer durablement. « La création en association d’organisations de producteurs (AOP) est peut être une solution pour générer de la valeur. C’est le collectif qui nous permet de fonctionner […] il faut garder espoir ! » lance Bruno Dufayet qui souhaite une mise en place rapide de deux AOP dans l’année, une pour les associations et une autre pour les coops.

Ce congrès s’est finalement conclu par le discours du ministre de l’agriculture, Didier Guillaume qui a suivi la table ronde. A cette occasion, il a notamment rappelé la nécessité de travailler ensemble, mutualiser nos compétences et ainsi éviter de « se mettre des bâtons dans les roues » pour s’approprier un bout du marché. Pour conclure, Il a terminé son discours sur l’engouement actuel du flexitarisme à savoir : mangez-en moins mais mangez-en mieux !

 

« Le Congrès de la FNB est toujours un moment privilégié entre éleveurs. Lors de ce dernier, il a clairement été dit que si nous n'arrivons toujours pas à obtenir les fruits de notre travail, malgré tous les outils mis à notre disposition aujourd'hui, c'était de notre faute. En effet que ce soit entre coop ou entre associations, c'est toujours à celui qui fera le meilleur prix ! Sauf que ce n'est pas le meilleur prix du point de vue de l'éleveur ! Il a donc été décidé de créer 2 associations d'organisations de producteurs : une pour les associations, que Elvea mettra en place dès le mois de mars selon Philippe Auger, et l'autre pour les coops. Avec seulement deux interlocuteurs pour lutter contre un prix toujours plus bas, cela me paraît une bonne solution. Il y a plus qu'à ! », selon le témoignage de Alice Avisse, présidente de la section viande bovine sur l’Oise.

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